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Parc Corcovado
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Le 28 novembre, en fin d’après-midi, nous quittons le Panama. Nous décidons de trouver un lieu où dormir car il se fait tard et la pluie semble vouloir s’abattre sur nous. Nous trouvons une chambre économique, pleine de fourmis mais nous sommes à l’abri de la pluie. Nous allons faire étamper nos passeports pour la sortie du Panama en se disant qu'on sauvera du temps pour le lendemain…
Le 29 novembre, nous quittons notre chambre pour aller faire notre entrée au Costa Rica. Un autobus arrive juste avant nous et nous devons faire la file durant plus d’une heure pour faire étamper nos passeports. Mais la « gentille » dame au guichet nous refuse l’entrée au pays parce que la date de sortie et d’entrée doit être la même!!! Nous devons retourner à la sortie du Panama pour faire changer la date dans nos passeports. Par chance, il n’y a pas de file d’attente de ce côté. Malheureusement, ce n’est pas si simple que ça. Le gars nous explique qu’il faut faire des photocopies de nos passeports et écrire une lettre (en espagnol évidemment) pour expliquer pourquoi nous n’avons pas fait notre entrée au Costa Rica la veille pour pouvoir annuler la date de sortie. Le « gentil » monsieur a un photocopieur juste derrière lui mais il ne "peut" pas faire nos photocopies, il sert à l’usage du personnel seulement. Béat va donc au café internet le plus près pour faire des photocopies et nous écrivons chacun une lettre (la même) qui dit que nous avons décidé de dormir dans la ville puisqu’il commençait à pleuvoir. Après s’être amusé de notre espagnol avec ses collègues, il a annulé la date et étampé nos passeports de nouveau. De retour à l’entrée du Costa Rica, nous faisons la file de nouveau mais elle est moins longue. La femme étampe nos passeports et nous pouvons maintenant rouler au Costa Rica!
Première ville, on s’arrête pour dîner dans un parc. On va s’acheter du jambon et de l’eau. Surprise! Les prix sont le double du Panama et de plus ce n’est plus le dollar américain mais le colones qui est utilisé ici. L’épicier accepte les dollars américains mais nous devons passer à la banque pour faire changer de l’argent. Béat après avoir attendu 1 heure dans la file se fait dire au guichet qu’il n’est pas à la bonne place!
On se remet en route sous la pluie, de plus en plus forte qui se termine en déluge en fin de journée. Après s’être abrité sous le toit d’un hôtel trop cher pour notre budget, on continue avant la noirceur pour trouver une petite chambre confortable. On aperçoit un éboulement sur la route derrière nous, juste où nous venons de passer!
Le lendemain matin, on apprend que nous avons une heure de moins depuis l'arrivée au Costa Rica. Quelle chance qu'on se soit réveillé assez tôt pour prendre le traversier. Selon internet, le traversier peut accueillir les autos mais arrivés au quai, c’est une petite barque qui nous fait traverser de Golfito à Puerto Jiminez. Avec nos vélos et 2 autres personnes, le bateau est bien rempli! Au loin, nous apercevons la pluie en plein dans notre trajectoire. Lorsqu’on voit le capitaine enlevé son t-shirt et mettre son imperméable, on sent qu’on va y goûter. C’est confirmé lorsqu’il nous dit de mettre nos choses qu’on ne veut pas mouillé à l’abri. Nous arrivons de l’autre côté de la baie un peu trempé mais sans plus, nous échappons de justesse à la forte pluie.
En arrivant nous cherchons les infos pour le parc national Corcovado. Après avoir fait le tour de la ville, on finit par trouver l’endroit où nous devons réserver notre séjour. Comment faire les choses compliquées : on doit d’abord faire une pré-réservation au bureau du parc, ensuite on se présente à la banque pour payer notre séjour (encore la file d’attente) et on retourne au bureau du parc avec le reçu pour faire la réservation officielle. On reçoit 2-3 papiers avec de l’information pour le parc et merci bonjour! Ne posez pas trop de questions.
Cela étant fait, on se lance à la chasse aux crocodiles. Il y a un petit lac où les crocodiles flânent nous dit-on. On s’y rend et pouvons y admirer les petits crocodiles de près. Béat leur apporte une petite aile de poulet pour les récompenser de ne pas nous manger. Ils n’en font qu’une bouchée. C’est impressionnant de les voir de si près, on peut presque les flatter.
Le soir nous rencontrons un guide passionné du parc, Rodolfo. Il nous donne quelques conseils sur le parc et nous dit qu’un guide n’est pas vraiment nécessaire rendu sur place. Vu qu’il y a eu beaucoup de pluie dans les derniers jours, la route risque d’être fermée. Il nous suggère 2 autres façons de s’y rendre et nous optons pour la plus facile mais la plus dispendieuse : l’avion.
Le matin du 1er décembre (un an après notre visite au Perito Moreno), nous nous envolons pour le parc national Corcovado. Nous sommes très satisfaits de notre choix vu le poids de nos bagages, et la vue du haut du parc est magnifique. Le pilote nous fait un bel atterrissage sur la « slide » dans le gazon mais ça se fait tout en douceur contrairement à ce qu’on croyait.
On installe notre tente et partons avec 2 autres femmes pour notre première expédition. Il pleut, les sentiers sont boueux mais la jungle est à couper le souffle. Les arbres et leurs racines sont immenses. On voit nos premiers singes du parc et des cochons sauvages qu’on sent bien avant de voir. Ils sont une vingtaine en ligne. On photographie aussi un crocodile au bord de la rivière. On termine notre promenade au bord de la mer. Un iguane se repose sur la plage et des centaines de bernard l’ermite courent partout. On revient à la base par la piste d’atterrissage. On y voit 2 sortes de singe, des faucons, perroquets, toucans et une énorme sauterelle. On se nourrit un peu et on repart aussitôt dans un autre sentier.
La pluie a cessé mais la boue et les ruisseaux sont bien présents. On s’enfonce jusqu’aux chevilles par endroit et on sent la succion de la boue qui veut avaler nos souliers. On voit 2 beaux toucans se poser dans un arbre près de nous. Leur vol est silencieux. On voit un bébé cochon sauvage…où est le reste de la famille? À la fin de l’après-midi Béat éclaire avec sa lampe frontale pour trouver des petites grenouilles. On en voit une de ¼ pouce mais pas très colorée. On aimerait bien en voir une verte avec les yeux rouges. On continue de chercher mais on voit seulement une grosse grenouille brune. On rentre souper et dormir, satisfaits de notre première journée.
Vers 4-5 heures du matin, on entend les singes hurlés dans la jungle. Le bruit est puissant, on dirait des rugissements, ça résonne de partout. Quand on se lève, tout le campement a eu le temps de faire une première expédition et déjeuner. On déjeune donc sur le balcon avant pour admirer les singes joués dans les arbres. On voit différentes espèces d’oiseaux volés dans les alentours. Des grosses araignées vertes à pois jaunes tissent leur toile près de nous. Des petits lézards se faufilent sur le balcon, on est émerveillé.
On découvre un autre sentier, il fait beau soleil et très chaud. Il y a des autoroutes de fourmis partout dans la jungle et sur le terrain autour du campement, on voit les chemins dans le gazon, c’est fascinant. On revoit des singes et des toucans. À la fin du sentier, on rencontre un guide qui nous indique où trouver un serpent venimeux. On s’y rend immédiatement. Un bébé serpent est sur une branche de bananier. Il ne bouge pas et se laisse prendre en photo. Plus tard un guide nous explique que c’est le serpent le plus dangereux de la région et qu’il a tué 2 personnes l’an dernier dans les plantations de bananiers. Il ne mesure pas plus d’un mètre mais lorsqu’il a atteint sa taille, son diamètre grossit. La mère est toujours jaune mais le serpent est distinct de trois couleurs. Le vert qui se cache dans les feuillages. Le jaune qui se tortille pour ressembler à une fleur avec sa langue sortit et lorsque les oiseaux viennent butiner, il les avale. Et le mauve qui se cache dans la terre et qui est impossible à voir à moins qu’une souris passe par là et qu’il sorte la tête de son trou pour l’attraper.
En fin de journée, nous allons marcher sur le bord de la rivière car à la marée haute, les requins viennent s’y nourrir. Nous apercevons un crocodile sur l’autre rive et au même moment, un dos de requin se montre à la surface de l’eau. Nous sommes gâtés. Nous distinguons quelques ailerons et retournons pour souper avant la noirceur.
Ce matin nous nous levons très tôt pour aller à la chasse aux grenouilles et au tapir. Nous voyons quelques minis grenouilles mais toujours pas très colorées. Nous revenons manger et relaxer sur le balcon. Une petite famille de cochons sauvages traverse la piste d’atterrissage pas très loin. Des perroquets volent et crient au-dessus de nous. C’est émouvant de les voir en liberté.
Après le déjeuner, nous partons pour la grande expédition pour trouver un puma. Nous apportons un lunch et on se met en marche. Le sentier est barré à plusieurs endroits et monte de plus en plus. Il n’y a pas d’indication pour savoir si on est sur la bonne voie. Parfois on se demande si on est dans une « trail » d’animaux ou dans le sentier. Il n’y a pas beaucoup de monde qui passe par ici, des toiles d’araignées se sont formées entre les arbres. On s’arrête pour manger prêt du sommet, on n’a aucune vue, on est entouré d’arbres et de lianes. On mange et on poursuit, on aperçoit nos premiers animaux, des singes qui nous observent. On les photographie et on continue car les maringouins nous ont aussi repérés et ils commencent à dévorer Jacinthe. On traverse un paquet d’arbres couchés et entremêlés. En sortant de là, on a quelques fourmis qui nous parcourent le corps et nous mordent. Ça brûle! On se secoue du mieux qu’on peut, Jacinthe s’en sort avec une morsure dans le cou et sur le front et Béat une dans le dos. Béat accroche ensuite une plante qui lui brûle le bras. On commence à oublier le puma et on se hâte à sortir de là. Ça descend super à pic, on n’est pas sûr du chemin et pourtant une pancarte (la première) indique que le sentier est par là… On retrouve un sentier connu et on poursuit notre aventure. On croise un groupe qui s’en va à la recherche du puma sur le bord de la rivière. On vient d’y passer et il n’y avait rien. On retourne vers la rivière aux requins où le tapir a été vu le matin. On s’assoit et voyons des ailerons de requin. Il y a des centaines de bernard l’ermite autour de nous mais pas de tapir. Au retour, le groupe qu’on a croisé a vu le tapir sur le bord de la rivière et un couple qui arrivait avait vu le puma sur le chemin de l’aller. Nous on est brûlé de notre escapade et un peu déçu d’avoir travaillé si fort pour pas grand chose.
Dernier jour dans le parc, chemin du retour. Rodolfo, un guide, nous conseille de partir très tôt le matin pour pouvoir marcher lentement et voir plus d’animaux. On se lève donc à 5h30 et à 6h, on est prêt à partir. Le sac à dos est extrêmement lourd et inconfortable. Et le sac en bandoulière est très déconseillé pour la marche qu’on s’apprête à faire. Mais on n’est pas bien équipé pour faire du « trekking » alors on y va avec ce qu’on a. On fait une première pause sur le bord de la rivière où le tapir est supposé venir boire de l’eau le matin. La marée est haute et on doit traverser à cet endroit pour continuer le sentier. On en profite donc pour déjeuner. Béat traverse sans bagage pour tester le passage. Il a de l’eau jusqu’aux fesses, ça passe. Il revient chercher le sac à dos et on traverse, un petit brin de stress dans le corps puisque c’est à cet endroit qu’on a vu un crocodile la première journée. Tout se passe bien, pas de croco, pas de plonge dans la rivière, on a juste les jambes et le fond de culotte de mouiller. On avance à l’affût d’un tapir ou d’un puma, les branches craquent autour de nous mais on ne voit rien. On avance dans la jungle puis après quelques kilomètres, on se retrouve sur la plage. C’est éblouissant. Le soleil, l’eau avec des bleus différents, la plage semble vierge avec le sable doux, le vent nous rafraîchi, le son des vagues qui cassent sur la plage et les rochers, les feuilles de palmiers qui claquent et les oiseaux. On est au paradis, seul le poids de nos bagages nous ramène à la réalité. On prend une pause sous un palmier.
Un couple qui arrive du campement nous dépasse. Il a traversé la rivière moins d’une heure après nous et il a vu le tapir qui se promenait le long de la rivière. Nous n’aurons pas été au bon endroit au bon moment dans ces 4 jours! On a réussi à trouver une petite grenouille de ¼ pouce mais l’animal de 450 kilogrammes est resté invisible à nos yeux! Toute la journée on a marché entre la jungle et la plage. On a vu un fourmilier, des « gatosolos » et des petits singes qui se nourrissaient comme consolation. Et on a vu des écrevisses aux pinces bleues.
En milieu d’après-midi, le couple nous attendait sur le bord de la plage pour nous indiquer où on devait prendre le « collectivo » (transport en commun). On était très, très content parce qu’il n’y avait aucune indication et on serait passé tout droit s’il n’avait pas été là. Pendant qu’on attendait, une dame nous a vendu son billet de retour à moitié prix parce qu’elle retournait en auto avec une autre personne. Le « collectivo » est arrivé en fin d’après-midi. Quand on a vu le véhicule, on a compris le beau sourire et les bye-bye de la dame dans la vitre de l’auto quand elle est partie. Le « collectivo » était en fait un « truck à vaches »! Quand on a vu tout le monde se lever pour embarquer là-dedans on n’en croyait pas nos yeux, on pensait à une bonne blague. Deux banquettes avec des minces coussins de cuir étaient attachées avec de la corde dans la boîte et un petit coussinet de cuir avait aussi été ajouté pour la tête. Quelle chance parce que ça brassait pas mal! Avec les banquettes en cuir sur la peau, ça aidait à gripper un peu et rester en place. Avec tout le cadrage de bois, on ne pouvait pas vraiment admirer le paysage. Cette promenade finale de 3 heures était ce dont on rêvait le moins après les 20 kilomètres et 7 heures de marche qu’on venait de faire. Si on s’était rendu au parc par ce moyen de transport comme s’était prévu au début, je crois qu’on n’aurait jamais voulu revenir…

Le parc a été une expérience sensorielle divertissante et enrichissante. Nos oreilles ont découverts des nouveaux cris d’animaux et d’oiseaux, les bruits de la jungle, les arbres, les feuilles, l’eau. On a respiré les parfums des fleurs, senti les animaux. On a vu des arbres impressionnants par leur grosseur, des lianes qui s’enroulent autour de tout, différentes espèces d’animaux et d’oiseaux, la mer. Même si nos yeux étaient grand écarquillés, ça n’a pas été suffisant pour tout voir. C’est un paradis sauvage à découvrir et redécouvrir.
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